Ce mardi 5 août 2025, des discussions internationales ont été engagées à Genève, en Suisse, pour tenter de parvenir à un accord mondial destiné à réduire la pollution plastique. Une coalition de scientifiques issus de plusieurs continents y participe activement pour alerter sur les dangers du plastique pour les écosystèmes et la santé humaine.
Une mobilisation scientifique mondiale
Des experts en environnement, en santé publique et en toxicologie se sont unis afin de porter un message clair aux négociateurs : la pollution plastique est désormais présente à toutes les échelles du vivant. Selon ces chercheurs, les déchets plastiques se sont infiltrés dans les océans, les rivières, les sols, mais aussi dans le corps humain, entraînant des effets nocifs potentiellement graves.
Le groupe de scientifiques réclame un traité fort, contraignant et ambitieux, capable d’agir sur toute la chaîne de production et d’utilisation du plastique, depuis les matières premières jusqu’aux produits finis et à leur fin de vie. L’un des points cruciaux de leurs recommandations consiste à limiter la production de plastique primaire, estimant que c’est la seule voie pour réduire efficacement la pollution.
Une contamination généralisée et persistante
D’après les travaux menés depuis une quinzaine d’années dans le domaine de l’écotoxicologie, plus de 400 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde, dont environ 10 % finissent dans la nature. Ce volume continue de croître, rendant le phénomène de pollution de plus en plus difficile à contrôler.
Les scientifiques expliquent que le plastique ne se limite pas à la nuisance visible – comme les animaux marins piégés dans des filets ou ingérant des sacs – mais qu’il agit aussi de façon invisible, en diffusant dans les organismes vivants des substances chimiques utilisées lors de sa fabrication. Parmi ces substances figurent des stabilisants, des colorants, des retardateurs de flamme ou encore des plastifiants, dont beaucoup sont reconnues comme toxiques.
Des substances chimiques omniprésentes
Actuellement, environ 16 000 molécules différentes peuvent être présentes dans les objets plastiques. Près d’un quart d’entre elles seraient nocives pour la santé. Pourtant, à peine 4 % font l’objet d’une régulation internationale. Ces substances comprennent notamment des perturbateurs endocriniens connus, tels que les bisphénols, les phtalates ou les dioxines. Leur effet sur l’équilibre hormonal est désormais bien documenté chez les animaux, mais aussi chez l’humain, où des traces de plastique ont été détectées dans le sang, les organes, voire le placenta.
Le collectif de chercheurs a remis aux négociateurs une liste de ces composants jugés les plus dangereux, avec la demande qu’ils soient strictement interdits dans le cadre du traité en discussion.

Des plastiques biodégradables, mais pas une solution globale
Face à l’ampleur de la pollution, certaines voix ont proposé de développer davantage les plastiques dits biodégradables. Selon les chercheurs mobilisés à Genève, cette option peut être utile dans des cas très ciblés, comme pour certains dispositifs utilisés en mer ou dans le domaine cosmétique. Toutefois, elle ne constitue pas une réponse suffisante à l’échelle planétaire.
Le collectif insiste sur la nécessité d’adopter une approche fondée sur l’essentialité des usages : ne produire du plastique que lorsqu’il est indispensable à la santé humaine ou à des besoins vitaux. C’est sur cette base qu’ils proposent d’éliminer progressivement les objets plastiques à usage unique, en particulier les emballages, qui représenteraient à eux seuls 40 % de la production mondiale.
Prendre en compte tout le cycle de vie du plastique
L’un des éléments majeurs de cette session de négociation porte sur l’intégration de l’ensemble du cycle de vie du plastique dans les textes à venir. Les experts souhaitent que le futur traité n’aborde pas uniquement la question des déchets, mais aussi celle des impacts environnementaux liés à l’extraction du pétrole, à la transformation industrielle, au transport, et à l’utilisation du plastique. Chaque étape génère des émissions et des risques pour la santé.
Cette approche globale permettrait de mettre en lumière le coût réel du plastique pour les sociétés humaines. Le groupe scientifique défend l’instauration d’un principe de responsabilité élargie du producteur. Selon ce principe, les entreprises qui conçoivent ou utilisent des plastiques contenant des substances toxiques devraient assumer financièrement les conséquences sanitaires et environnementales qui en découlent. L’objectif est de ne plus faire peser sur les contribuables les frais liés aux maladies causées par ces substances.
Vers un encadrement international renforcé
Les discussions entamées à Genève marquent une étape déterminante dans la lutte contre la pollution plastique. Le rôle joué par les scientifiques est central dans cette dynamique, car ils fournissent les données, les constats et les propositions nécessaires à la prise de décision.
L’issue de ces négociations reste incertaine, mais les membres de la coalition insistent sur l’urgence d’agir. Les effets du plastique sont désormais bien documentés : ils affectent la faune, la flore, les écosystèmes terrestres et marins, ainsi que la santé humaine. Dans ce contexte, l’élaboration d’un traité ambitieux est perçue comme un levier essentiel pour inverser la tendance.
