Une participation en hausse
Jeudi 18 septembre 2025, une vague de mobilisations sociales a parcouru la France. Le nombre de participants a dépassé celui enregistré lors de la précédente journée de mouvement, le 10 septembre. Des cortèges se sont formés dans de nombreuses villes, rassemblant des manifestants issus de divers horizons professionnels.
Des chiffres significatifs
Les estimations chiffrées, bien que variables selon les sources, convergent vers une participation substantielle. Les autorités ont rapporté un nombre important de manifestants sur l’ensemble du territoire national en milieu d’après-midi. Ces chiffres globaux excèdent ceux du mouvement précédent et s’approchent de niveaux observés lors de certaines journées de protestation contre la réforme des retraites en 2023.

Un mouvement multisectoriel et unitaire
Le monde éducatif en première ligne
Le secteur de l’éducation a affiché un taux de grévistes notable. Selon les données officielles, une proportion significative des personnels enseignants des premier et second degrés n’a pas exercé ses fonctions. Le premier syndicat des enseignants du secondaire a avancé un pourcentage bien plus élevé parmi ses affiliés. Par ailleurs, plusieurs dizaines d’établissements scolaires du second degré ont été concernés par des blocages, complets ou partiels, bien que ce phénomène soit resté numériquement limité à l’échelle nationale.
La fonction publique et au-delà
Au-delà de l’éducation, la mobilisation a touché la fonction publique d’État, avec un taux de grévistes global qui contraste avec celui enregistré lors de la journée d’action du 10 septembre. Les perturbations dans les transports en commun, notamment en région parisienne, ont été conformes aux prévisions annoncées, avec un service réduit mais maintenu aux heures de pointe sur la majorité des lignes. Le secteur aérien, en revanche, n’a pas été significativement affecté au niveau national, à l’exception notable de l’aéroport de Bâle-Mulhouse.
Une profession spécifique se joint au mouvement
Les pharmaciens ont massivement participé à la journée, protestant contre des modifications réglementaires concernant la rémunération des médicaments génériques. Une très large majorité des officines sont restées fermées sur l’ensemble du territoire.
Revendications et motivations des manifestants
Un message adressé au gouvernement
L’objectif central de cette journée de mobilisation, à l’initiative d’une intersyndicale, était d’influer sur les orientations budgétaires du nouveau gouvernement. Les organisateurs ont présenté cette démonstration de force comme un avertissement, appelant à l’élaboration d’un budget axé sur la justice fiscale, sociale et écologique.
Témoignages dans les cortèges
Au sein des défilés, les motivations exprimées par les participants étaient diverses. Certains pointaient du doigt ce qu’ils perçoivent comme une injustice fiscale, estimant que les efforts demandés pèsent de manière disproportionnée sur certaines catégories de la population. D’autres ont exprimé une forme de lassitude, voire de colère, face au contexte socio-économique, déplorant des difficultés à boucler leurs fins de mois.
Des professions spécifiques, comme les agents de la protection de l’enfance, étaient également représentées, dénonçant des conditions de travail dégradées. Des considérations politiques étaient aussi avancées, certains manifestants regrettant la nomination d’un Premier ministre dont la ligne politique ne correspond pas à leurs attentes et exprimant leur opposition à un budget perçu comme austère.
Un témoignage particulier est venu d’une cheffe de très petite entreprise, présente pour dénoncer, selon ses termes, une « escroquerie » dans le discours économique dominant. Elle pointait un système qui, selon elle, favoriserait les grandes entreprises et les patrimoines les plus importants au détriment des petits acteurs économiques.
Incidents et mesures de sécurité
Des perturbations localisées
La journée a été marquée par quelques incidents. Des heurts ont opposé, en plusieurs endroits, des groupes de manifestants et les forces de l’ordre. Ces confrontations ont parfois donné lieu à des jets de projectiles et à l’utilisation de gaz lacrymogènes pour disperser les attroupements.
Bilan des interpellations
Un bilan établi en milieu de journée faisait état de plusieurs dizaines d’interpellations sur l’ensemble du territoire, dont une partie a conduit à des placements en garde à vue. Ces incidents sont restés localisés et n’ont pas concerné la majorité des cortèges, qui se sont déroulés dans le calme.
Actions symboliques et blocages
Quelques actions symboliques ont été recensées, comme l’intrusion brève et sans dégradation d’un groupe dans l’enceinte d’un ministère parisien. Des opérations de blocage de dépôts de transport ou de ralentissement sur des axes autoroutiers ont également été signalées, de manière ponctuelle et généralement de courte durée. Certaines gares ont dû être temporairement fermées en raison de ces perturbations.
Une démonstration de force syndicale
L’unité retrouvée
Cette journée se distingue par la convergence de l’ensemble des organisations syndicales, renouant avec une dynamique unitaire. Les secrétaires généraux des principales centrales se sont félicités du succès de la mobilisation, y voyant une preuve de la détermination des salariés et un signal sans équivoque envoyé aux pouvoirs publics.
Un paysage social à suivre
L’ampleur de la participation et la diversité des secteurs mobilisés marquent une étape significative dans le paysage social. Les suites données à cette journée de manifestation, tant par les organisateurs que par le gouvernement, seront attentivement observées pour mesurer l’évolution du climat social dans les prochaines semaines.
