Depuis le début du mois d’août, la péninsule ibérique fait face à une vague d’incendies d’une intensité exceptionnelle. La combinaison d’une chaleur extrême et d’une sécheresse persistante a favorisé la propagation rapide des flammes en Espagne comme au Portugal. En une semaine, six personnes ont perdu la vie et plusieurs centaines de milliers d’hectares sont déjà partis en fumée.
Des victimes parmi les pompiers et volontaires
En Espagne, quatre décès ont été confirmés en lien direct avec les feux. Parmi eux, un pompier a trouvé la mort dimanche après un accident de véhicule alors qu’il participait aux opérations d’extinction dans la région de Castille-et-Leon. Deux jeunes volontaires mobilisés sur le terrain ont également perdu la vie, piégés par les flammes. À Tres Cantos, près de Madrid, un homme est décédé mardi dernier des suites de brûlures étendues après avoir été surpris par un front de feu.
Au Portugal, deux personnes sont mortes dans les flammes. Dimanche, un pompier est décédé lors d’un accident de la route survenu alors qu’il se rendait sur une zone touchée par les incendies, ses collègues ayant été grièvement blessés dans le même événement. Quelques jours plus tôt, dans la ville de Guarda, à l’est du pays, un ancien maire engagé aux côtés des habitants dans la lutte contre le feu a également succombé.
Des dizaines de milliers d’hectares dévastés
Les dégâts sur l’environnement sont considérables. Selon les données disponibles, l’Espagne a déjà vu disparaître plus de 70 000 hectares depuis le 10 août. Depuis le début de l’année 2025, le total dépasse les 343 000 hectares, un record depuis que les relevés existent. La situation place déjà l’année en cours parmi les plus destructrices jamais observées.
Au Portugal, la superficie incendiée est elle aussi colossale. En moins de deux semaines, plus de 31 000 hectares ont brûlé. Depuis janvier, environ 216 000 hectares ont été réduits en cendres, soit bien plus que l’ensemble des surfaces détruites en 2024. Le pays détient toujours le triste précédent de 2017, où plus d’un demi-million d’hectares avaient été consumés et où 119 personnes avaient perdu la vie.
Évacuations et mesures de prévention
Les incendies ont entraîné de vastes opérations d’évacuation. En Espagne, plus de 10 000 personnes ont dû quitter leurs habitations depuis le début de la crise. Les régions les plus touchées sont la Castille-et-Leon, la Galice, les Asturies et l’Estrémadure, où plusieurs foyers restent actifs.
Au Portugal, les autorités ont prolongé l’état d’alerte renforcé au moins jusqu’à mardi. Des restrictions strictes ont été instaurées, telles que l’interdiction d’accéder à certaines zones forestières et l’usage de feux d’artifice. Ces mesures visent à réduire les risques d’embrasement supplémentaire alors que les équipes de secours demeurent mobilisées.
Des renforts européens et internationaux
Face à l’ampleur de la catastrophe, les deux pays ont fait appel au mécanisme de protection civile de l’Union européenne. En Espagne, l’armée a déployé près de 3 500 militaires de l’Unité d’urgence pour prêter main-forte aux pompiers. La France a envoyé deux avions Canadair ainsi qu’un appareil de coordination, tandis que l’Italie a détaché deux avions-citernes supplémentaires.
Au Portugal, plus de 3 800 pompiers étaient encore mobilisés lundi pour tenter de circonscrire les feux. Le pays a reçu le soutien aérien du Maroc, dont les avions Canadair resteront opérationnels jusqu’à mercredi. Deux appareils envoyés par la Suède doivent également venir renforcer les opérations.
Des enquêtes ouvertes sur l’origine des incendies
Les autorités cherchent également à déterminer l’origine des sinistres. En Espagne, 27 personnes ont été interpellées depuis le 1er juin, certaines soupçonnées de négligence, d’autres de mise à feu volontaire. Au Portugal, 42 arrestations ont eu lieu depuis le début de l’année pour les mêmes motifs.
Une crise aggravée par les conditions climatiques
Ces incendies s’inscrivent dans un contexte météorologique particulièrement défavorable. La péninsule ibérique traverse une période de canicule et de sécheresse qui accentue la vulnérabilité des forêts. Les scientifiques soulignent que la multiplication des épisodes de chaleur intense et la baisse de l’humidité sont directement liées aux effets du changement climatique, qui favorisent la fréquence et l’intensité des feux.
Appels politiques et débats sur la gestion des incendies
En Espagne, le Premier ministre Pedro Sánchez a annoncé dimanche la mise en place d’un « pacte national » destiné à renforcer la réponse face à l’urgence climatique et aux catastrophes liées aux feux de forêt. Cette annonce intervient alors que le débat politique s’intensifie sur la gestion des moyens aériens et terrestres mobilisés pour lutter contre les flammes.
Au Portugal, la présidence et le gouvernement multiplient les hommages aux pompiers et volontaires engagés sur le terrain, mettant en avant leur dévouement dans un contexte particulièrement dangereux.
Lundi 18 août, les incendies restaient actifs dans de nombreuses zones d’Espagne et du Portugal. La météo, marquée par une chaleur persistante, laissait craindre une aggravation dans les prochains jours. Les autorités locales et nationales appellent la population à la vigilance et rappellent que toute imprudence peut entraîner de nouveaux départs de feu.
