Un rapport diffusé le 21 août 2025 met en lumière l’usage par les autorités américaines d’outils informatiques dopés à l’IA. Ces systèmes, conçus par Babel Street et Palantir, seraient employés pour surveiller en continu des migrants ainsi que des étudiants étrangers considérés comme favorables à la cause palestinienne. Ces entreprises, toutes deux spécialisées dans l’analyse massive et en temps réel de données, entretiennent des partenariats avec le gouvernement des États-Unis, notamment dans les domaines de la défense et du renseignement.
Fonctionnements techniques et capacités
Les deux logiciels concernés — Babel X, développé par Babel Street, et Immigration OS, de Palantir — possèdent des fonctions permettant une surveillance constante, une traque et une évaluation de groupes entiers. Immigration OS a particulièrement été critiqué pour automatiser une procédure critiquée depuis longtemps pour son manque de transparence et ses violations potentielles des droits fondamentaux.
Suivi au sein des campus universitaires
Dans le cadre universitaire, des militants pro-Palestiniens ont déjà été identifiés, certains même arrêtés ou exposés à des procédures d’expulsion. L’administration américaine a notamment imposé à Harvard une suspension temporaire du traitement des visas d’étudiants étrangers. Cet arrêt visait à analyser leurs profils sur les réseaux sociaux, opération rendue possible en partie grâce aux capacités de Babel X.
Selon le rapport, Babel X permet un dépouillement rapide des publications en ligne à la recherche de contenus considérés comme liés au « terrorisme ». Ces éléments recueillis serviraient ensuite aux autorités pour décider de révoquer des visas.
Risques d’erreurs et biais discriminatoires
L’usage de technologies probabilistes pour tirer des conclusions sur les intentions des individus entraîne des marges d’erreur significatives. Le rapport souligne que ces méthodes sont souvent biaisées, susceptibles d’amener à des confusions entre des prises de position pro-palestiniennes et des discours antisémites, ce qui pose un problème majeur.
Une responsable d’Amnesty International évoque le risque d’une augmentation du pouvoir discrétionnaire des autorités, leur permettant d’expulser rapidement et massivement des personnes vulnérables, tout en restreignant leur accès à des garanties procédurales effectives. Cette capacité accrue soulève une inquiétude forte concernant les principes de justice et les droits fondamentaux.
