
Le 19 juillet 2025, la capitale ghanéenne a été le théâtre d’une manifestation d’envergure, initiée par plusieurs groupes de jeunes. Ils ont exprimé leur inquiétude face à une série de crimes attribués à des ressortissants nigérians vivant sur le territoire national. Les participants ont dénoncé une hausse des enlèvements, du trafic d’êtres humains et des violences, qu’ils relient directement à certaines communautés étrangères.
Ce climat de colère populaire a été renforcé par un événement particulièrement marquant : l’assassinat d’une fonctionnaire de la mission diplomatique du Ghana au Nigéria. La victime a été retrouvée morte à son domicile dans des conditions encore non élucidées. Ce drame, survenu hors des frontières nationales, a contribué à raviver le sentiment d’injustice et d’impunité exprimé lors des rassemblements.
Parmi les accusations évoquées au cours des protestations figurent le trafic présumé de jeunes filles âgées de 16 à 18 ans, exploitées dans des situations précaires. Certains manifestants ont aussi rapporté l’occupation illégale d’immeubles, parfois par des groupes de plusieurs dizaines de personnes soupçonnées d’activités illicites. D’autres ont mis en avant des cas répétés d’enlèvements ciblant des citoyens ghanéens, alimentant un climat d’insécurité croissant dans certaines zones urbaines.
Face à cette situation, les manifestants ont formulé plusieurs exigences, notamment un durcissement des conditions d’entrée et de séjour pour les étrangers, avec une attention particulière portée aux Nigérians. Ils ont également appelé à l’expulsion immédiate de toute personne impliquée dans des infractions. Le silence perçu des autorités nationales, en particulier du président et des ministres concernés, a été vivement critiqué. Certains y voient une forme de complicité ou un manque de volonté d’agir.
Dans un contexte tendu, plusieurs membres de la communauté nigériane au Ghana ont pris la parole. Ils ont condamné les actes répréhensibles reprochés à certains de leurs compatriotes et exprimé leur solidarité envers la population ghanéenne. Certains se sont dits prêts à quitter le pays si cela permettait d’apaiser les tensions, tout en soulignant leur attachement au respect des lois locales.
Historiquement, les relations entre le Ghana et le Nigéria ont déjà traversé des périodes conflictuelles. En 1969, le Ghana avait procédé à l’expulsion massive de ressortissants nigérians. Plus récemment, en 2020, des fermetures de magasins appartenant à des Nigérians avaient été observées dans le pays. Ces épisodes rappellent que les liens entre les deux États, bien que marqués par une coopération régionale, ne sont pas à l’abri de tensions récurrentes.
L’épisode actuel pourrait avoir des conséquences sur le plan économique. Des différends commerciaux avaient déjà secoué les deux pays en 2019, notamment avec la fermeture de la frontière nigériane. Si la situation venait à dégénérer, certains observateurs estiment qu’un éloignement entre Accra et Abuja pourrait créer un vide dans la coopération sous-régionale. Ce contexte pourrait favoriser l’entrée en scène d’acteurs économiques extérieurs, notamment asiatiques, cherchant à renforcer leur influence en Afrique de l’Ouest.
Pour l’instant, aucune mesure officielle n’a été annoncée par les autorités ghanéennes. Les regards sont tournés vers le gouvernement, dont la réponse pourrait influencer le cours des événements dans les jours à venir. Les prochaines déclarations ou décisions prises à ce sujet seront scrutées de près tant au Ghana qu’au Nigéria.
