Un rapport récent publié le 29 juillet 2025 met en lumière une situation alimentaire critique dans la bande de Gaza, territoire densément peuplé de plus de deux millions d’habitants. Selon ce document, élaboré par un consortium d’organisations non gouvernementales, d’institutions et d’agences onusiennes, une personne sur trois dans cette région passe plusieurs jours sans avoir accès à la nourriture.
Situation alarmante confirmée par les dernières données
Le cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) a évalué la situation alimentaire en mai dernier et avait déjà classé 93 % de la population gazouie (soit 1,95 million de personnes) dans une situation d’insécurité alimentaire grave. Parmi elles, 925 000 étaient dans un état d’urgence alimentaire, et 244 000 en état de catastrophe. Le rapport publié mardi souligne que la situation s’est encore aggravée, les seuils de famine ayant été atteints dans la majeure partie de la région.
Enfants particulièrement touchés par la malnutrition
Les hôpitaux locaux ont signalé une hausse inquiétante des cas de malnutrition aiguë, notamment chez les enfants de moins de cinq ans. Entre avril et mi-juillet, plus de 20 000 enfants ont été pris en charge pour des troubles liés à la malnutrition, dont plus de 3 000 dans des cas sévères. Depuis le 17 juillet, au moins seize décès d’enfants attribués à la faim ont été rapportés. Ces chiffres témoignent de la gravité de la crise sanitaire liée à l’alimentation dans la bande de Gaza.
Une crise sans précédent
Les responsables humanitaires sur place comparent cette crise à des famines majeures du siècle dernier. Selon le directeur des urgences du Programme alimentaire mondial (PAM), la situation actuelle ne ressemble à aucune autre observée depuis plusieurs décennies. Il a insisté sur la nécessité d’une intervention urgente pour empêcher que cette catastrophe ne s’aggrave.
Restrictions et insuffisance des aides humanitaires
Depuis mars, Israël a interdit l’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, autorisant seulement une faible quantité à partir de la fin mai. Cette restriction sévère a provoqué une pénurie dramatique de nourriture, de médicaments et de carburant. Dimanche, l’armée israélienne a annoncé une pause tactique dans son offensive, permettant une augmentation des distributions d’aide.
Lundi, plus de 200 camions de l’ONU et d’agences humanitaires ont acheminé des vivres à Gaza, selon les autorités israéliennes. Cependant, les besoins quotidiens restent beaucoup plus importants, avec une estimation de 500 à 600 camions nécessaires chaque jour pour répondre aux besoins alimentaires, médicaux et sanitaires.
Témoignages de la population locale
Certaines familles reçoivent une aide limitée, comme le rapporte Jamil Safadi, qui partageait environ cinq kilos de farine reçus avec ses voisins. D’autres n’ont pas pu obtenir d’aide et dénoncent des vols ou des violences lors des distributions. Amir al-Rash, un déplacé, a témoigné avoir vu des blessés et des morts autour des points d’aide, soulignant la tension et le désespoir grandissants.
Largages aériens et aides internationales
Pour compléter les livraisons terrestres, des largages aériens de nourriture ont été effectués. Lundi, des avions jordaniens et émiratis ont parachuté 17 tonnes d’aide sur Gaza. Ces opérations sont cependant coûteuses, moins efficaces et comportent plus de risques que les transports terrestres, ce qui limite leur capacité à répondre aux besoins croissants. Le rapport insiste sur le fait que ces largages ne suffiront pas à inverser la tendance à la catastrophe humanitaire.
Plusieurs pays ont annoncé leur engagement pour intensifier l’aide. La France prévoit des largages aériens dans les jours à venir, tandis que l’Allemagne organise, en partenariat avec la Jordanie, un pont aérien pour acheminer des denrées alimentaires et du matériel médical. De son côté, le président des États-Unis a annoncé la création de centres alimentaires où les populations pourront se rendre librement.
Violences et pertes humaines durant la pause tactique
Malgré cette pause annoncée par l’armée israélienne, des frappes ont continué dans certaines zones. La défense civile de Gaza a fait état mardi matin de 30 morts, principalement des femmes et des enfants, à la suite de bombardements nocturnes sur le camp de réfugiés de Nousseirat, situé au centre de la bande de Gaza. L’hôpital Al-Awda a confirmé avoir reçu les corps de ces victimes, parmi lesquelles 14 femmes et 12 enfants.
Bilan humain très lourd
Depuis le début des hostilités, en octobre 2023, le ministère de la Santé affilié au Hamas a communiqué un bilan dépassant les 60 000 morts dans la bande de Gaza, dont un grand nombre de civils. À ce nombre s’ajoutent près de 146 000 blessés. Ces chiffres, mis à jour quotidiennement, sont considérés comme fiables par les organisations internationales.
Appel à un changement de gouvernance
Le Premier ministre palestinien a appelé à la fin du contrôle exercé par le Hamas sur la bande de Gaza et a proposé que l’État de Palestine prenne en charge la gouvernance et la sécurité de ce territoire. Il a affirmé que cette prise de responsabilité se ferait avec le soutien de la communauté arabe et internationale.
