Des violences meurtrières en marge des protestations
Fin juin 2025, des manifestations ont éclaté à Lomé, la capitale togolaise, pour dénoncer le pouvoir du président Faure Gnassingbé. Selon des organisations de la société civile, ces rassemblements ont fait sept morts, des dizaines de blessés et plus de 60 interpellations. Les autorités, quant à elles, ont évoqué des décès par noyade sans fournir de bilan officiel complet.
Les manifestants protestaient contre plusieurs mesures, dont les arrestations de critiques du régime, la hausse des tarifs électriques et la réforme constitutionnelle permettant au chef de l’État, au pouvoir depuis près de deux décennies, de renforcer son autorité.
Amnesty International dénonce des exactions
Dans un communiqué publié jeudi 3 juillet, Amnesty International a exigé l’ouverture d’enquêtes « indépendantes et transparentes » sur les violences survenues lors de ces mobilisations. L’ONG affirme que des forces de sécurité ont commis des « homicides illégaux », des arrestations arbitraires, des actes de torture et des enlèvements.
Marceau Sivieude, directeur régional par intérim d’Amnesty pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, a déclaré : « Ces cas doivent faire l’objet d’investigations urgentes. » Parmi les victimes figurent deux adolescents, et des témoins ont rapporté la présence de miliciens ayant participé aux violences.
Des disparitions et des détentions contestées
L’organisation dénonce un « recours inutile et excessif à la force » et rapporte qu’au moins six personnes n’avaient pas été retrouvées par leurs proches au 2 juillet. Un avocat des victimes, Me Darius K. Atsoo, a indiqué que 18 personnes arrêtées entre le 26 et le 28 juin avaient été libérées, tandis que 31 autres restaient en détention après leur audition par le procureur.
Face à ces allégations, le président de l’Assemblée nationale, Sevon-Tépé Kodjo Adédzé, a annoncé que l’institution examinerait « les circonstances ayant conduit à la découverte de corps dans le 4e Lac, à Akodésséwa ».
