Les tensions frontalières entre la Thaïlande et le Cambodge, liées à des différends territoriaux datant de l’époque coloniale, ont connu une recrudescence violente le 24 juillet 2025. Les deux pays s’opposent depuis des décennies sur le tracé de leur frontière commune, établi durant la période de l’Indochine française. Cependant, des affrontements d’une telle intensité n’avaient pas été observés depuis près de quinze ans.

Les incidents récents remontent à fin mai 2025, lorsqu’un soldat cambodgien avait été tué lors d’un échange de tirs dans une zone contestée surnommée le « Triangle d’émeraude ». La situation s’est rapidement dégradée, avec des mesures de rétorsion diplomatiques et militaires des deux côtés.
Frappes aériennes et tirs d’artillerie
Dans la matinée du 24 juillet, des combats ont éclaté près du temple de Ta Moan Thom, un site historique revendiqué par les deux nations. Les autorités thaïlandaises ont affirmé que les forces cambodgiennes avaient ouvert le feu en premier, tandis que Phnom Penh a justifié ses actions comme une réponse à une incursion thaïlandaise.
L’armée thaïlandaise a riposté en lançant des frappes aériennes à l’aide d’avions F-16, ciblant des positions militaires cambodgiennes. En parallèle, des roquettes et des obus d’artillerie ont frappé des zones civiles en Thaïlande, causant d’importants dégâts matériels et humains.
Bilan humain et dégâts matériels
Selon les autorités thaïlandaises, les affrontements ont fait au moins 12 morts, dont 11 civils, et 35 blessés. Parmi les victimes figurent huit civils tués dans la province de Sisaket après l’impact d’une roquette sur une supérette, ainsi qu’un enfant de huit ans dans la province de Surin.
Un hôpital de Phanom Dong Rak, partiellement évacué avant les combats, a également été touché, provoquant l’effondrement partiel de son toit. Les services médicaux locaux ont indiqué qu’il était impossible de prévoir quand les patients pourraient y retourner en toute sécurité.
Réactions internationales et appels à la désescalade
Plusieurs pays et organisations internationales ont exprimé leur inquiétude face à la situation. La Chine et l’Union européenne ont appelé à un retour au dialogue, tandis que la France, ancienne puissance coloniale dans la région, a demandé un cessez-le-feu immédiat.
Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim, président tournant de l’ASEAN, s’est entretenu avec les dirigeants thaïlandais et cambodgien pour les exhorter à la retenue. De son côté, le Cambodge a sollicité une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, accusant la Thaïlande d’agressivité.
Tensions diplomatiques et accusations mutuelles
Les relations entre les deux pays se sont encore détériorées après l’incident d’une mine antipersonnel ayant blessé un soldat thaïlandais. Bangkok a accusé Phnom Penh d’avoir déployé de nouvelles mines, une allégation rejetée par le Cambodge, qui attribue ces explosifs à d’anciens conflits.
En représailles, la Thaïlande a rappelé son ambassadeur et expulsé son homologue cambodgien. Les frontières ont été fermées, et les ressortissants thaïlandais au Cambodge ont été invités à quitter le pays sans délai.
