Cette semaine a été traversée par deux débats de fond : aux États-Unis, un drame relance la question de la violence d’État et des libertés, tandis qu’en France, le Parlement s’attaque à un sujet brûlant, celui de la protection des mineurs face aux écrans.
Minneapolis, l’étincelle qui ravive une crise nationale

Le jeudi 24 janvier, Minneapolis a replongé dans un climat de grande tension. Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, a été tué par balle lors d’une intervention des forces fédérales de l’immigration. C’est le second décès de ce type en un mois dans la ville, après celui de Renee Good.
Les circonstances font l’objet d’une bataille de récits. Les autorités fédérales affirment que l’homme, armé, s’est approché des agents avec agressivité. Mais des vidéos prises par des témoins racontent une autre histoire. On y voit Alex Pretti filmer avec son téléphone, puis venir en aide à une personne bousculée avant d’être plaqué au sol par plusieurs agents. Des coups de feu retentissent ensuite. Il possédait un permis de port d’arme, ce qui était légal.
Une onde de choc politique et sociale
La mort d’Alex Pretti a immédiatement enflammé Minneapolis, où des milliers de personnes sont descendues dans la rue. Le choc a rapidement gagné tout le pays, fissurant même le camp républicain.
- Sur place, le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a dénoncé une situation « écœurante » et a ordonné le déploiement de la Garde nationale, tout en demandant le retrait des forces fédérales.
- À Washington, l’administration Trump a maintenu sa version, défendant ses agents. Le président a renvoyé la responsabilité aux élus démocrates locaux.
- Les fissures du côté républicain sont notables : des sénateurs et gouverneurs de ce parti ont demandé des comptes. Même la puissante NRA a pris position, estimant que le simple port d’arme ne justifiait pas une telle issue fatale.
- Des voix démocrates historiques se sont élevées. Bill Clinton a parlé de scènes « horribles », quand Barack Obama a appelé à « s’élever contre l’injustice ».
En France, le grand débat sur l’âge numérique

De l’autre côté de l’Atlantique, l’Assemblée nationale a engagé, ce 26 janvier, un débat de société majeur : faut-il interdire l’accès aux réseaux sociaux avant 15 ans ? C’est la proposition portée par la députée Laure Miller, qui étendrait aussi l’interdiction du portable aux lycées.
Le président Macron a apporté son soutien plein et entier, déclarant que « les émotions de nos enfants et de nos adolescents ne sont pas à vendre ». Après quelques hésitations, la majorité a choisi d’adopter cette proposition et de l’examiner en procédure accélérée, visant une application dès la rentrée 2026. L’opposition, elle, dénonce une mesure « simpliste » et un « paternalisme numérique ».
En une semaine, deux continents, deux questions fondamentales : comment l’État protège-t-il – ou menace-t-il – ses citoyens ? Et à partir de quel âge peut-on affronter les vagues tumultueuses du monde numérique ? Les débats sont loin d’être clos.
